Mercredi 10 oct.
- Nuit impeccable. Passion intacte au creux du jour.
- Ville, matin: ventre qui gonfle.
- Découvert grâce à M.D. le poète chinois Meng-Hao-ran (689-740), de l'époque classique sous la dynastie Tang, moins connu que ses contemporains Wang Wei, Li Po et Du Fu.
Trouvé un autre texte du même (trad. F. Cheng) :
"Le sommeil printanier ignore l'aube,
On se réveille aux appels des oiseaux.
Nuit passée, bruissement de vent, de pluie;
Que de pétales, déjà, ont dû tomber..."
Le grand sinologue Jean-François Billeter parle de l'art de "faire grand cas des choses infimes." Sans doute, mais cela va plus loin.
Le premier poème que j'ai découvert est celui-ci :
"Le soleil déclinant envoie un reste de sa clarté.
La rame de la barque frôle les îlots de la rivière.
Quelle merveille, toutes choses portées par l'eau limpide
Et c'est pur délice que de se perdre parmi elles."
Un pinceau. Rien de plus. Et léger.
Je reste ébahi devant cela qui est à la fois le contraire de la littérature et sa pureté même. J'ai écrit à ce propos à M.D: "le texte nu." Car on ne dépouille pas plus. On arrive à l'extrême limite d'une beauté tautologique. Le ciel est le ciel, l'eau est l'eau, je suis qui je suis et surtout, le bonheur est le bonheur.
Puisque c'est écrit.
- Ne cherchons pas la solution. Elle est, comme toujours sans doute, dans le problème.
- Ne cherchons pas la solution. Elle est, comme toujours sans doute, dans le problème.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire